Katherine Johnson comptait tout.
Petite fille en Virginie-Occidentale, elle comptait les marches jusqu'à la route, les assiettes sur la table, les étoiles visibles depuis le perron. Elle aimait les nombres comme d'autres enfants aiment la musique.
Elle était si rapide qu'elle a fini l'école avec des années d'avance. Devenue grande, elle est entrée à la NASA, où l'on essayait de faire une chose que personne n'avait jamais faite : envoyer quelqu'un au-delà du ciel, tout autour de la Terre, et le ramener sain et sauf.
Pour cela, il faut des calculs. Des calculs énormes, minutieux, exacts. Où sera la Terre dans quatre heures ? À quelle vitesse la capsule doit-elle descendre ? À quel endroit de tout l'océan va-t-elle se poser ?
Katherine trouvait la réponse avec un crayon.
Quand l'astronaute John Glenn allait faire le tour de la Terre, de nouveaux ordinateurs ont donné les chiffres — mais Glenn ne leur faisait pas tout à fait confiance. Demandez à Katherine de les vérifier, a-t-il dit. Si elle dit que c'est bon, j'y vais.
Elle a vérifié. C'était bon. Il est parti. Il est rentré sain et sauf.
Alors ce soir, si tu vois un petit point brillant traverser lentement le ciel, souviens-toi : quelqu'un a calculé exactement où il devait se trouver.
Bonne nuit, petit mathématicien.



