Thomas Mapfumo, surnommé « Le Lion du Zimbabwe », est né à Marondera. Au début de sa carrière, il a joué des reprises de rock occidental et de soul. Mais alors que le Zimbabwe (alors Rhodésie) s'enfonçait dans une guerre d'indépendance contre la domination de la minorité blanche, Mapfumo réalisa que sa musique devait refléter les luttes de son peuple. Il a créé un nouveau genre appelé « Chimurenga » (un mot shona signifiant lutte ou libération). Il a adapté le son du mbira traditionnel (piano à pouces) aux guitares électriques modernes et a chanté en langue shona. Sa musique est devenue la bande originale de la révolution, inspirant aussi bien les combattants de la liberté que les citoyens ordinaires. Le gouvernement colonial s'est senti tellement menacé qu'il l'a emprisonné. Même après l’indépendance du Zimbabwe, Mapfumo n’a pas cessé de chanter pour la justice. Lorsque le nouveau gouvernement est devenu corrompu, il les a critiqués sans crainte dans ses chansons, le forçant finalement à l'exil. L'héritage de Thomas Mapfumo rappelle qu'un véritable artiste dit toujours la vérité au pouvoir.



